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SNAKE -- Myakuzël
Level : 75, Réputation : 784, Or : 9571687, Expérience : 81480126
Description :

Chae


Introduction : Dès sa naissance, Chae est plongé dans une vie de ténèbres. Après la mort de sa mère dû à la mise au monde du jeune elfe, son père se suicide, prit de désespoir. Étant le 3e enfant, ses deux frères aînés se chargèrent de son éducation, bien que cela tenait plus à de la survie qu'à de l'apprentissage. Cependant, au bout d'un certain temps, les deux tuteurs, ayant prit compte du rôle que tenait l'enfant dans la destruction de la famille, l'abandonnèrent, tel un homme attirant le mauvais œil. Chae dû, à partir de ce jour, prendre son destin en main. Éloigné de tous, il survivait seul dans les bois …



Chapitre I- Le porte-malheur



Chae est né dans la sombre forêt elfique qu'est Cirel, un matin d'hiver. Il est le troisième enfants de deux parents elfiques, tout deux originaires de ladite forêt. Ces derniers étaient connus dans le village arboricole situé au sein des bois, pour leur implication dans la construction et le bon déroulement du lieu. C'est ce qui entraîna principalement par la suite une haine sincère des habitants envers le nouveau né. Cela commença avec la mort de la mère elfique, après la mise au monde de Chae. Se fût la première fois qu'une mort de la sorte arriva dans le village, et cela entraîna par la suite une grande curiosité – couplée à une profonde méfiance – des habitants. De cette mort en découla celle de son père, qui ne supportait plus de vivre sans sa bien aimée. Il avait également développé une certaine rancœur à l'égard de son dernier fils, et ne se voyait pas continué à vivre comme tel. C'est ce qui le poussa à se suicider, sans prévention. C'est à l'issue de cette double tragédie que Chae était perçut comme un porte malheur. Du haut de sa première année, il semblait représenter d'ors et déjà un danger important pour le village. Au début, ses frères, Urindel et Fendil, qui s'occupaient à présent tout deux du jeune enfant, tentaient d'effacer cette image de la mémoire des habitants, et voulaient rétablir l'honneur de la famille. Mais peu à peu, leur opinion changeait et rejoignait celle des autres habitants. L'enfant étant un fardeau, les deux tuteurs l'abandonnèrent, lorsque celui-ci eut à peine dix ans. Feignant une promenade sur des sentiers inconnus de l'enfant, ils retournèrent au village en s'assurant que ce dernier ne les suivait pas. Un geste malheureux, mais nécessaire selon eux. Le jeune elfe – qui avait rapidement comprit le gravité de la situation – tentait de se convaincre que ses frères s'étaient simplement cachés, ou bien que quelque chose ou quelqu'un avait retenu leur attention un peu plus loin. Mais après moult cris et une investigation sérieuse, Chae ne trouvait autre compagnon que le silence pénétrant des arbres et des feuilles mortes. Il fallait se rendre à l'évidence ; il était seul et incapable de retrouver le chemin du village. De nature, l'enfant n'avait pas un tempérament peureux, mais c'était la première fois qu'il était confronté à une solitude si prenante. Deux éventualités pouvaient expliquer cette situation ; soit ses frères avaient été attaqués, et probablement tués, soit ils l'avaient abandonné. En raison du silence permanent qui retentissait dans la forêt et qu'aucun cri ou autre bruit caractéristique d'une lutte ne s'était fait entendre, la deuxième solution était désormais la plus probable. L'évidence de la situation lui autorisa quelques larmes …



Chapitre II- La raison du mercenaire



Dans le peu de lucidité qui faisait surface au milieu de toute cette tristesse, l'enfant réalisa que si on l'avait abandonné, c'est qu'on ne voulait plus de lui ni dans sa famille, ni, probablement, dans le village. C'est pourquoi il jugea inutile de retrouver la route du village – qui, de toute façon, il n'aurait peut être jamais retrouvé -. Chae sortait auparavant rarement du village, et en général, jamais seul et toujours armé de son arc. Dans la situation actuelle, sa solitude était inévitable mais il fallait absolument (et rapidement) remédier à son non-armement. Le jeune elfe savait quel bois et quelle longueur lui était nécessaire pour se fabriquer une arme durable et efficace. Pour ce qui était de la corde, il portait sur lui de la corde elfique dorée, une possession utile (un secret elfique jalousement gardé) étant donné que celle-ci était plus résistante que n'importe quel autre fil. Dans les branchages, l'apprenti armurier se dota de quelques flèches, taillées à la va-vite et d'état peu convenable. Mais l'idée de se trouver seul dans cette forêt aussi oppressante, à la merci du premier ennemi venu, le poussait à faire vite. Doté de ce nouvel équipement, l'enfant se mit en route dans le but de sortir au plus vite de ce bois touffu. Il fixa arbitrairement une direction, et décida de filer tout droit – ce qui était le moyen le plus sûr de tomber, au bout d'un certain temps, à l'orée du bois – gardant son arc bandé à la main, une flèche prête à être décochée.


Après plusieurs heures de marches et quelques flèches plantées dans les flancs de monstres croisés, Chae, épuisé, put apercevoir, pour la première fois de sa vie, les rayons du soleil, non cachés par le feuillage. Cependant, il n'y avait pas de quoi en être aveuglé ; en effet, le jeune elfe se trouvait à présent dans la forêt de l'Ombre. C'était un lieu réputé pour son atmosphère pesante et ses nombreux tueurs qu'elle abritait. Rapidement, Chae tenta de trouver la sortie. Un chemin, dans la boue et tracé par les nombreuses traces de pas marquées au préalable, était percevable. Ses traces étaient composées d'empreintes de semelles et de roues, témoignant de la traversée de chariots, principalement de marchandises. C'est donc qu'une ville n'était pas loin. Discrètement, et dans le silence le plus absolu, Chae suivit cette piste, jusqu'à rejoindre Proncilia, la capitale. C'est entre ces murs que l'elfe allait bâtir sa nouvelle vie. Une vie de guerrier …



Chapitre III- Retour aux sources



Les flammes laissaient apparaître une fine fumée, qui cachaient les cadavres d'hommes et de chevaux jonchant le sol. Le cri du chaos résonnait ; le hennissement des chevaux, les hurlements des hommes, les plaintes des soldats blessés, et les impacts des épées sur les boucliers. Chae participait à cette horreur en temps qu'archer. Ils étaient placés à l'arrière du champ de bataille, sur une rangée d'une centaine d'hommes. En dehors des flèches adverses, Chae n'avait pas grand risque de mourir. Le plus important était de s'assurer que les lignes ennemies ne traversent pas celles de son clan. Si cela venait à venir, les archers seraient les premiers visés. Mais au-delà de sa survie, il y avait autre chose qui intéressait ; il avait appris, par le biais de diverses informations, que ses deux frères se trouvaient dans les rangs ennemis. C'était une information qu'il fallait savoir prendre au conditionnel, mais qu'il était également plus qu'important de garder en mémoire. Finalement, l'information se révéla vrai. Les fantassins ennemis, à présent en surnombre, avait littéralement massacré les soldats à pied de l'armée dont faisait partie, en temps que mercenaire, le jeune elfe. La cavalerie ennemie se ruait à présent sur les derniers hommes à pieds, et les guerriers ennemis accouraient vers les archers. En raison de leur équipement, leur fuite était pénible, et pour la plupart du temps, vaine. Des visages assoiffés de sang qui couraient vers lui, Chae en reconnu un, malgré le temps passé : celui d'un de ses grands frères, le plus jeune. Lorsque leurs regards se croisèrent, l'elfe à l'épée s'arrêta, avec des yeux ébahis. Il stoppa sa course, et hésita un instant, avant de reprendre un sourire de haine, et de se relancer dans sa course. Dans un élan de courage et de rapidité, Chae banda son arc et décocha une flèche qui alla se planter dans le bras droit de son assaillant. Si il le voulait, le jeune elfe pouvait achever son frère, mais deux raisons s'opposait à ce choix ; tout d'abord, il ne souhaitait pas particulièrement la mort de son frère, malgré la peine qu'il venait de lui engendrer en ayant reprit sa course. Deuxièmement, si il voulait sauver sa peau, il fallait mieux se sauver maintenant. C'est pourquoi il abandonna son carquois, qui était une source trop importante de poids, puis entreprit sa fuite. Son agilité et sa souplesse lui permirent de prendre rapidement de l'avance. « Encore une guerre perdue, et une paye que je ne recevrais pas ... » se disait-il, en fuyant vers l'horizon. Derrière lui, les fuyards les moins rapides furent tués. Plus tard, un autre elfe vint retirer la flèche planté dans le bras du guerrier. Ce dernier lui versa quelques mots :


« Il y avait là quelqu'un de bien intéressant, frangin. Notre petit frère ... »
Au cœur d'une clairière, un jeune elfe, assit sur une souche d'arbre coupé, récupérait de sa course, et réfléchissait, calmement. Cette rencontre, peu banale, avec ses frères, sans allez jusqu'à le bouleverser, l'amenait à réfléchir. Inconsciemment, il s'était préparé à cette rencontre, avant le début de la bataille. De plus, il était à présent fixé quant à l'avis de ses frères à son égard. Il était évident qu'après avoir tiré sur l'un d'eux, la situation ne risquait pas d'évoluer dans le bon sens. Afin de continuer à financer ses déplacements, Chae poursuivait ses apparitions dans les batailles en temps qu'archer mercenaire. Il changeait constamment d'armée, étant donné qu'il se déplaçait beaucoup. D'ailleurs, au cours de l'un de ses voyages, une nouvelle parvint à ses oreilles ; la cité elfique de Cirel serait menacée, et on parlerait d'exil de bon nombre d'elfes. Au début, Chae tentait de se convaincre de ne pas y retourner, voulant rompre tout lien avec son lieu de naissance.


Cependant, son penchant amical reprit le dessus et il décida finalement d'aller voir ce qui se passait là-bas. A son arrivée à l'orée de la forêt, Chae fût alarmé par l'épaisse fumée qui se dégageait des nuages. Il accouru à toute vitesse, évitant les arbres, leurs fines branches, et les racines pointues qui traînaient sur le sol. Malgré ses efforts pour oublier ce chapitre de sa vie, le jeune elfe se souvenait parfaitement du chemin pour rejoindre le village. De plus, la lueur des flammes, lorsqu'elles étaient devenues à portée de vision, le guidait. Des monstres, d'une taille impressionnante, ruaient avec vivacité sur les habitations. Les torches renversées étaient la cause de l'incendie. Bon nombre de cadavres jonchaient sur le sol. A côté de Chae se trouvait, plantée dans un arbre, un glaive elfique. Il le décrocha du tronc, et s'empressa d'aller porter secours aux nécessiteux. Tel un champ de bataille, le chaos régnait sur les lieux, et la panique se faisait vivement ressentir. Les verdures braisées, les cadavres d'elfes et de monstres massifs, les armes baignées de sang, la fumée, les flammes et les cris … Tout était là. A grands coups de glaive, l'elfe entaillait rapidement les corps de plusieurs mouches géantes et nébuleuses. Soudain, de grands cris, non loin de lui, l'alertèrent. Un elfe était allongé au sol, se débattant tant qu'il pouvait de son épée, surplombé par un scarabée énorme. Agilement, Chae sauta sur son imposante carapace. Il tentait de la percer de son glaive, mais l'armure naturelle de l'animal était aussi immense que résistante. Finalement, après de multiples tentatives, il pût percer la coquille et faire gicler le sang verdâtre et visqueux de l'assaillant. Avant que ce dernier ne s'écrasa au sol, l'elfe allongé se retira de son étreinte. Quelle ne fût pas la surprise des deux elfes lorsque leurs regards se croisèrent. Le lien de fraternité qui les liait les fit se reconnaître aussitôt. Chae ne disait mot face à son frère, Urindel, jusqu'à ce qu'il sente une lame, venant de derrière lui, glisser sous son cou. Il s'agissait de Fendil, le plus grand de ses deux frères, qui entama quelques mots :


« Il semble que le lieu soit bien choisit pour mettre un terme aux vies de pourritures … Rejoins ces monstres en enfer, enfant de malheur ! » A l'issue de ces mots, Chae ferma les yeux, sentant la mort s'approcher, mais un puissant 'non !' perça ses tympans. Urindel avait stoppé l'action de son frère.


« Il vient de me sauver la vie … Et je ne crois pas sincèrement que ce soit en massacrant les nôtres que nous rétablirons l'honneur de notre famille. Si Chae portait vraiment le mauvais œil, il ne serait pas encore en vie aujourd'hui. Et puis, il y a déjà eu trop de morts ici. »


Touché par le discours de son frère, Fendil retira sa lame du coup de Chae. En guise d'approbation, il mit une main sur son épaule, puis, d'un demi tour, quitta les lieux, suivit rapidement d'Urindel. En passant à côté de son frère cadet, et le regardant dans les yeux, il dit :


« Tu ne trouveras plus ici que la mort. Alors fais en sorte d'éviter la tienne, et quitte ces lieux. » D'un pas vif, il s'enfonça dans l'épaisse forêt qui s'offrait à lui.


Regardant autour de lui, Chae approuva les dires de son frère. Le lieu puait la mort et le sang. Trop de mal avait été fait ici. Il quitta alors d'un pas décidé – et heureux, du fait de la réaction de ses frères – la forêt brûlante, mais dans la direction opposée de ses frères ...


Merci à Narahime.


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