| NIEK -- Armée*Royale |
| Description : 28e jour de Mortis, an 1237 Trois petits hommes-grenouilles couraient dans les marais, suivis de près par une dizaine d'êtres semblables, au teint rouge ou brun. Derrière eux, on pouvait apercevoir les ruines de ce qui fut, dans une époque antérieure à Roland, un très grand temple. Les colonnes brisées de l'entrée se rejoignaient de sorte qu'elles bloquaient le passage. Cependant, le fronton tenait encore malgré que les restes des anciens murs menaçaient de tomber. Le temple semblait peu à peu s'enfoncer dans les marais, alors que la pluie, incessante, creusait la roche du toit, et s'infiltrait par des fissures étroites à l'intérieur du bâtiment. Ce qu'on aurait pu croire être une course ressemblait à présent plus à une course-poursuite. Les poursuivants agitaient leur fourche et certains d'entre eux, apparemment prêtres, s'arrêtaient un instant pour lever leurs bras au ciel en murmurant quelques incantations avant de recommencer à suivre. Les fuyards continuaient à courir, bien que de nombreux obstacles, gros cailloux ou petits buissons, les faisaient trébucher de temps en temps, car des tentacules jaillissaient du sol, de plus en plus longs et de plus en plus près. Le temple s'effaçait derrière eux à l'horizon, les laissant seuls, suivis d'une bande d'acharnés, sans aucune issue. Les jeunes batraciens commençaient à perdre leur souffle quand tout à coup, l'orage éclata et avec son arrivée, le groupe de poursuivants se dispersa. Bien que l'orage fût chose courante en ces lieux, les trois hommes-grenouilles, à présent en sécurité, s'arrêtèrent pour remercier Dranig. Ils semblaient n'avoir vécu pas plus d'une quinzaine d'années : le plus grand d'entre eux ne dépassait pas le mètre cinquante. Il portait au niveau de sa taille, un long couteau faisant office d'épée. Quant aux deux autres, ils étaient exactement l'opposé l'un de l'autre : l'un était assez bien massif, le ventre gonflé et les épaules larges, tandis que l'autre était plutôt maigre et avait la peau collant aux os. Si les trois s'en étaient sortis sains et saufs, cela ne pouvait être dû qu'aux Dieux. Ils reprirent peu après la route, moins rapidement, mais toujours sur leur garde. Ils arrivèrent bientôt à la ville. Les quelques fermiers avaient prévenus les autres habitants qui sortaient, l'un après l'autre, de leur maison de bois et de paille, et tous regardaient vers le Nord, les trois nouveaux venus, comme s'ils revenaient de la Dilia. Lorsqu'ils arrivèrent enfin au niveau des premières habitations, ils furent emmenés à l'auberge. On les servit comme des rois, on les nourrit, les goinfra, au point de les faire vomir ! Mais cependant, personne n'évoqua l'endroit d'où il venait, ni leur demanda quoi que ce soit sur les gens de là-bas. Car quoiqu'ils eussent pu vivre, tout le monde savait que leur vie n'avait tenu que grâce au bon Donblas ... Quelques heures plus tôt ... Une goutte d'eau se forma au plafond, se débattit, avant de tomber au sol en émettant un bruit résonnant dans toute la salle. Les trois compagnons se trouvaient là, près du mur, agitant leurs bras attachés, et criant les pires injures dans l'espoir que quelqu'un vienne les libérer, exaspéré. De l'autre côté de la porte, on entendait une discussion animée, des coassements s'élevaient de plus en plus forts. Un garde ne tarda pas à ouvrir la porte. Mais hélas pour les petits hommes-grenouilles, ce n'était pas pour les libérer. - Il est temps ... Trois autres gardes entrèrent, détachant les prisonniers. Ils les poussèrent jusqu'à la porte, puis, suivis de toute une escorte, ils se dirigèrent vers la chambre des sacrifices. Ils y arrivèrent bientôt. La grande porte en bois, la voie vers Vanilius, s'élevait devant eux. A la tête de l'escorte, un prêtre semblait chercher quelque chose. Il jeta un regard d'inquiétude vers les autres hommes-grenouilles, avant de se tourner vers la porte. Il la poussa. Celle-ci s'ouvrit dans un long grincement, laissant place à l'affreux spectacle qui venait de se dérouler derrière elle. L'eau qui inondait la pièce était devenue rouge de sang. Plus loin sur le sol traînaient des membres arrachés qui semblaient s’être déchirés du corps gisant non loin de là, lequel n’avait plus de tête. Celle-ci se trouvait sur les dalles froides, les yeux grands ouverts étaient tournés vers l’immense créature au ventre ouvert. Les tripes de la pieuvre géante se mêlaient à ses tentacules et se nouaient à ceux-ci à quelques endroits. La vision fut un choc pour le groupe qui venait d'ouvrir la porte. Des cris d'étonnement, de crainte et de dégoût jaillirent de toute part. Les gardes appelèrent à la vengeance, tandis que les prêtres s'étaient précipités devant le cadavre du défunt monstre, se prosternant devant lui. Les trois captifs profitèrent du désordre général pour s'enfuir par la seule et unique sortie du lieu. ![]() ![]() ( par Silk (L) ) |